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Face à Face

AUTOUR D’UN CAFE AVEC LEILA GHANDI

By 5 juillet 2012mars 13th, 2020No Comments

 

Tout le monde parle de cette première femme arabo-musulmane qui pose son regard sur les pays du nord et du sud. Elle sillonne le monde depuis 2003 pour s’immerger dans la culture de ses pays hôtes et nous revenir avec des photos réalités qui nous invitent au voyage et à la réflexion.

Elle voit ses expositions de photographies et son émission VOYAGE AVEC LEILA GHANDI diffusée depuis mars sur 2M, comme des actes citoyens visant à présenter aux marocains des réalités d’ailleurs, et ainsi à contribuer au dialogue et à plus de tolérance.

Blooming Box a voulu en savoir plus sur cette femme extraordinaire sans oublier de révéler ses secrets beauté !

BB : Qu’est ce qui t’as amené à ça?

LG : Je ne me destinais pas à cette carrière à priori. J’avais fait une école de commerce puis un 3ème cycle à Science Po Pari. J’ai enchainé avec des stages dans l’administration et des organismes diplomatiques.

Ton dada c’était donc de faire de la politique.

Oui mon rêve était bien de faire de la politique. Les grands discours, les grands Hommes, les grandes causes me fascinaient… Plus tard je me suis rendue compte que je pouvais avoir un impact sur les gens autrement qu’en exerçant une carrière au sein d’un système politico-politique.

J’essaie de participer au changement, et à chacune de mes exposition de photographies j’essaie de porter un ou plusieurs messages, et j’invite à la réflexion. L’art pour l’art ne me motive pas vraiment. Du moins pas pour le moment.

En l’occurrence, ma dernière exposition, « Vies à Vies » jumelait des portraits du Maroc avec des portraits d’ailleurs pour révéler nos ressemblances. On parle souvent des différences entre les peuples mais pas assez des synergies et de ces points de ressemblance, selon moi autrement plus fédératrices et productrices d’espoir.

Je me porte bénévole pour des actions humanitaires et auprès d’associations… Bayti et les enfants des rues, Noujoum et les enfants malades, Théâtre nomade et les enfants des quartiers défavorisés … Je suis de plus en plus ancrée et engagée dans la société civile marocaine. Pour moi c’est un plaisir de pouvoir apporter ma contribution, un honneur, et un devoir. Avec Bayti par exemple, il s’agissait d’aller à la rencontre des enfants du quartier de Sidi Bernoussi, de partager un moment avec eux différent de leur quotidien, les initier à la photographie et surtout, les inviter à s’exprimer.

Comment t’est venue cette passion du voyage ?

Ma famille m’a donnée le goût du voyage. En 2003, je suis allée faire un stage en Amérique Latine. J’étais à la Mission Economique de l’Ambassade de France de Santiago du Chili. Après le stage j’ai parcouru le Chili, l’Argentine, le Pérou, la Bolivie… 8 mois en tout. C’était une étape clef dans ma vie. Mon premier long voyage en solitaire et où j’ai réalisé à quel point prendre la route avec un sac a dos et rentrer en complète immersion avec un environnement étranger me stimulait.

J’ai économisé de l’argent et je suis allée en Chine l’année d’après. Un deuxième stage, toujours dans un organisme gouvernemental. J’étais chargée de mission projet européen. J’y suis restée plusieurs mois, près d’un an, et je suis revenue en train, j’ai traversé la Sibérie en Transsibérien et en m’arrêtant plusieurs semaines en Mongolie.

C’est là que j’ai eu un déclic. Je me suis dit qu’il fallait absolument que je fasse quelque chose du voyage. Comme je savais que ce serait dur et précaire au début, j’ai travaillé pendant un an et demi, toujours en diplomatie, le temps d’économiser de l’argent puis j’ai fait le grand saut. Après mes études, Sciences Po Paris, mes stages, et après avoir été chargée de mission en relations internationales à la chambre de commerce, je suis officiellement devenue artiste photographe.

Sans avoir suivi de formation en photographie donc…

Oui je suis autodidacte, on me dit que j’ai l’oeil. La photographie m’a toujours accompagnée. J’ai appris sur la route, sur le vif, et grâce aux rencontres que je faisais et aux portraits que je réalisais tous les jours.

J’ai fait ma première exposition en 2005. C’était en France. Ma première grande exposition individuelle, c’était à Paris aussi. A la galerie d’art du Lucernaire dans le 6eme arrondissement. Ma photographie s’inscrit dans le réel. Comme on parle de cinéma du réel, j’aime l’idée de photographie du réel. Mes photographies essaient de retranscrire mon immersion dans l’histoire des autres. Ce sont des portraits documentaires. J’accepte l’imperfection, le flou et le mouvement, je ne suis pas dans l’image sophistiquée, aseptisée ou trop intellectualisée. Je m’inscris dans la lignée des photographes journalistes tels Riboud, Depardon, ou Steve McCurry qui m’ont inspirés.

Aujourd’hui je collabore avec les plus grandes galeries d’art au Maroc et j’essaie également de mettre ma vision artistique au service de projets utiles. A ce titre, je collabore régulièrement avec la fondation Mohammed VI pour la protection del’environnement, ou la fondation DROSOS pour le développement humain.

Quelle expérience a particulièrement marqué ton parcours ?

Mes études à Sciences Po Paris. Un grand privilège, un grand apprentissage, une vraie stimulation intellectuelle. Une expérience très enrichissante, au niveau personnel, professionnel, culturel. J’y ai côtoyé de grands professeurs tels que Gilles Képel et Dominique Reynié, qui sont aujourd’hui des amis.

Quel impact ce voyage a-t-il eu dans ta vie ?

La chine a été un tournant. Les photos que j’y ai prises ont été les premières que j’ai exposées, puis elles ont donné naissance à un livre (Chroniques de Chine, 2007) qui a été primé et réédité.

Quel message t’inspire tes expériences?

Que rien ou presque n’est impossible.
Je vais souvent à la rencontre de jeunes dans des écoles pour leur dire de donner à leurs rêves et projets véritables les moyens d’exister. C’est devenu trop courant d’entendre « j’aurais aimé, j’aurais voulu, si seulement… ». Nous sommes les premiers artisans de notre destin. Osons. Essayons. Courage, travail, persévérance, la récompense viendra derrière.

La beauté est-elle contextuelle, culturelle ou bien les codes sont les mêmes partout?

Je pense qu’il n’y a pas de représentation universelle ou absolue de la beauté, elle est culturelle et temporelle. Par exemple, au Maroc on aime les femmes bien en chaire, ce n’est pas le cas partout. Il y a des pays ou c’est un geste de beauté que ne pas s’épiler.
Néanmoins aujourd’hui, avec le mouvement de globalisation, ou la pub joue un rôle de plus en plus important, les canons de beauté tendent à converger. Hier, j’ai remarqué une pub de H&M pour le Morocco Mall avec une femme blonde et un gamin aux yeux bleus. En Chine, les femmes se débrident les yeux pour correspondre aux canons de beauté de l’affiche publicitaire qui devient une norme.
Si la définition de la beauté est différente d’un pays à l’autre, cette différence tend à se réduire au fil du tps.

Raconte nous une expérience beauté que tu as eu à l’étranger


Au Liban, je suis allée dans un salon de beauté où on m’a métamorphosée : paillettes, faux cils … Je ne me reconnaissais presque plus !
En Inde, dans les rues de Bénarès, des femmes m’ont vu passer et m’ont ouvert la porte de leur maison. Elles m’ont livrée leurs recettes beauté, j’ai eu droit a des bains d’huiles pour mes cheveux qu’elles ont jugés très secs….

Tu t’es laissée faire donc.

Ah oui je me prête au jeu. J’essaie tout quand je voyage, je mange tout! En Amazonie j’ai mangé du rat ; en Chine, des scorpions et du serpent ; au Kenya, du crocodile ; en Australie, du kangourou ; en Mongolie de la marmotte, au Mexique, des sauterelles… Voyager, ce n’est pas seulement découvrir de nouveaux paysages, comme disait Proust, c’est avoir un nouveau regard. Et pour avoir ce nouveau regard, il faut selon moi oublier ses propres repères et entrer en immersion totale. C’est d’ailleurs ce qui me permet de vivre des expériences authentiques et donc aussi de rapporter avec moi des témoignages authentiques.

Quelle est ta routine beauté ?

Mon geste beauté quotidien, c’est l’application de ma crème hydratante tous les matins. Pour le reste je mets du khôl de temps en temps et du gloss et puis du fond de teint quand ma peau n’est pas au beau fixe. Je privilégie un maquillage discret.

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