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Beauté

LA PETITE ROBE NOIRE DE KAOUTAR

By 24 novembre 2012avril 10th, 20203 Comments

Un jour, la petite fille aux frisettes décida de faire une virée shopping et lécher quelques vitrines, quand tout à coup elle s’arrêta devant sa boutique préférée et dont elle n’a jamais franchi la porte, parce que la frisette était à l’époque étudiante et qu’elle ne pouvait pas trop se payer de jolies vêtements de jolies bimbo aux cheveux lisses, elle préférait se cacher dans son style grunge et collectionner ses tee-shirt customisés avec Art, et ses jean à milles trous qui servaient aussi de balaie et contribuaient à la propreté de sa ville. Oui la frisette est une citoyenne engagée qui se déclarait avoir du style.

Mais ce jour là, la folle idée lui traversa la tête, et décida donc de tenter l’impossible et de pousser la porte du Paradis. Le paradis !! Enfin pour elle car la frisette avait des rêves pas plus grand que sa taille) elle avança le pas ferme et courageux, et entra au magasin.

Vide et paisible comme un cimetière, propre et chic avec une ambiance digne d’un petit Trianon de Marie Antoinette, la frisette au filet de bave qui coulait de sa bouche était émerveillée, mais vite fut ressaisie de son émotion car intimidée par les regards poignant des vendeuses qui la suivaient et la surveillaient (une telle clientèle n’est pas très la bienvenue, et nuit à la vocation de l’enseigne).

Quant aux vendeuses qui faisaient partie du décor de la boutique, et que la patronne a du payer très cher, représentaient avec fidélité le portrait de la vendeuse internationalement raciste. Grande et filiforme telle une tige de coquelicot, le regard figé, et la peau précieusement cachée sous des couches de fond de teint, et les joues teintés de roses claque. Le trait de crayon à lèvres contraste scandaleusement avec la couleur du rouge à lèvre, les cheveux jaunes, aux racines noir lissées chez la voisine couvrait sa tête de fausse bourgeoise. La paire de nibard ferme et pointue condensée dans de fausses Wonderba, servaient d’atout sex-appeal, sa taille gainée de large ceinture telle une muraille de l’ancienne Medina servait de cache misère, et pour finir, le parfum qu’on confond facilement au spray d’ambiance venait camoufler l’odeur de transpiration générée par son pull en fausse lycra. Pauvre vendeuse.

Ne se préoccupant gère de ses petites venimeuses, la frisette continua sa balade de paysanne dans un champ de lavande. Elle sculptait du regard toutes les pièces magnifiquement rangés, elle touchait, palpait la légèreté et la douceur des matières. Entre soie, mousseline et dentelle, la frisette s’est retrouvée dans un monde qui n’est pas le sien.

Soudain, une petite étincelle illumina ses yeux quand elle aperçut un coin où furent exposées des robes soldées. Elle s’approcha, commença à fouiller minutieusement toutes les robes les unes plus belles que les autres dans l’espoir de trouver une qui lui plaira.

Et la voici, une petite robe noir lui rentrée direct au cœur, et comme un bébé faisant fixation sur une sucette, elle ne la lâcha plus. La vendeuse venimeuse remarqua l’intérêt de frisette envers la robe et craignant qu’elle la déchire tellement elle l’a malaxé entre ses mains, elle avança vers elle en disant :

-Vendeuse venimeuse : souhaitez vous l’essayer Madame,

-Frisette : oui oui,,,

-Vendeuse venimeuse : avec plaisir, suivez moi Madame.

La frisette la suit le cœur emballé et la tète remplie d’idées qui se bousculaient : pourvu qu’elle soit à ma taille, car la frisette avait la mauvaise habitude de cacher les séquelles de plusieurs années de laisser-aller sous ses pulls over size, et qu’une telle démarche l’exposerait au danger de voir sa vérité en face. Mais son enthousiasme fut à son apogée et effaça d’un gros trait toutes ses idées noires de sa tête.

Une fois dans la cabine d’essayage, elle se mit à éplucher ses vêtements et se prépara a voir son corps qui incarnait à la perfection toutes les injustices de la nature : peau d’orange, peau de croco, peau de zèbre et la liste est longue,,, mais ce jour là, frisette décida de lever tous les défis possibles et impossible : commencer un régime, arrêter le coca et les chips, vider ses poches des bonbons et chocolat, courir huit heures le matin et faire des exos toute la nuit, et lire tous les articles *Mincir au naturel* parce que frisette ne put se payer des séances de Cellu-M6 ou un coach à domicile, elle pensa à la bouteille d’huile d’olive dans sa cuisine pour lisser ses capitons, et une théière de naânaâ sans sucre pour drainer son corps. Frisette est une écolo.

Devant le miroir, elle contempla la robe noir évasée effleurant ses genoux et qui se composait de deux pièces : la première est transparente en mousseline de soie avec quelques découpes sur le devant. Le col légèrement en bateau et les manches s’arrêtaient au ras de l’épaule. Un joli ruban en soie de la même couleur venait marquer la taille et relâcher ensuite le bas de la robe plissée en accordéon la faisant danser au rythme du vent, et célébrant avec gaieté la fluidité et la légèreté de la matière. La robe se fermait au dos avec des boutons qui arrivaient à la ceinture et alignées telle des soldats lors d’un défilé de la fête du Trône. La deuxième pièce est une doublure en soie aussi mais plus couvrante, travaillée comme une nuisette avec des bretelles ajustables, le col en V laissant apparaître discrètement la fente des seins, sexyyyy

Et en l’espace de 2min, la frisette se transforma en une cendrillon prête à charmer le prince. Mais la vendeuse venimeuse déguisée en sorcière sortie direct d’un film d’Harry Potter interrompue le rêve au moment ou le prince charmant s’approchait des lèvres de Cendrillon pour les saisir d’un baiser vertigineux et frappa à la porte, Vendeuse venimeuse : c’est bon madame ? Oui c’est bon répondit frisette effrayée.

Cette dernière est au comble de son bonheur, ravie de sa découverte se changea à la vitesse de la lumière et se dirigea à la caisse. Elle déposa sa robe sur le comptoir et sortit son portefeuille pour régler le montant quand la caissière lui balança le prix : 0000 dhs s’il vous plait, La frisette : pardon, mais elle est soldée non ?

Caissière venimeuse : non madame cette article n’est pas soldé

Une étrange grimasse se dessina sur le visage pâle de frisette qui ressemblait au Manga japonais, les yeux remplies de larmes et la bouche frissonnante de peine, elle voyait son rêve s’émietter et se pondre fraichement né telle les majestueuses lustres pondus au plafond de la boutique.

La vendeuse venimeuse sentit l’attachement de frisette à sa robe, eu pitié d’elle, et décida de joindre sa cause et la soutenir en s’adressant à la caissière d’un ton d’ordonnateur : mais la dame l’a pris du rayon soldé, et tu donc tu dois lui appliquer la remise ce n’est pas de sa faute,

– Caissière venimeuse : ce n’est pas possible, elle n’e figure pas dans le système,

– Vendeuse gentille : attend une seconde, je te montre comment faire.

Apres quelques minutes d’attente, la caissière gentille aussi, leva la tête et apaisa les angoisses de frisette en disant : le problème est réglé madame, puis-je encaisser ?

Frisette renait de ses cendres, le regard grand ouvert, les joues parées d’un rose orgasmique, et la bouche souriante voyait son rêve se réaliser, et elle va enfin pouvoir partir avec sa robe. Elle quitte la boutique les pas précipités et vainqueurs, avec la petite moral à la tête : il faut toujours croire à ses rêves, et que toutes les vendeuses ne sont pas forcément venimeuses ))

Frisette est toujours grunge, mais elle a maintenant une petite robe noire, qui maquille sa garde robe de garçon manqué et qu’elle sort à toutes les belles occasions pour jouer sa bimbo.

Kaoutar,

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