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Face à Face

L’homme qui rendait les femmes belles et heureuses en 1h15

By 14 avril 2013avril 11th, 2020No Comments

 

Ses cours sont des moments de bonheur ; ses spectacles, enchanteurs. FACE TO FACE avec l’un des maîtres des maîtres de la danse orientale qui rend les femmes belles et heureuses.

BB : Mayodi, on sait peu de choses sur toi. Je sais que tu es né au Maroc et que tu es arrivé en France à l’âge de 6 ans. Parle-nous de Mayodi avant la danse orientale ?
Mayodi : Un jeune étudiant qui a eu sa licence en Histoire et préparait sa Maîtrise mais qui a décidé tout a arrêter en plein parcours pour se consacrer à la danse.

Comment t’est venue cette passion pour la danse ?
Par le biais de mes études justement ! J’ai fait des études d’islamologie / Egyptologie à Paris IV Sorbonne dans le cadre desquels j’ai été amené à étudier la société arabo-musulmanne à travers différentes périodes et notamment Ennahda. J’ai donc visionné et lu plusieurs documentaires traitant du début du XXème siècle, notamment les films égyptiens des années 40/50 qui nous ont tous bercés. J’étais complètement fasciné par ces danseuses que je trouvais plein de glamour.

Et donc jusqu’à tes études tu ne dansais pas du tout !
Non ! Je dansotais comme tout le monde. Bien sûr j’ai tout d’abord été bercé par la culture d’origine de mes parents. Plus tard, j’ai rencontré quelques personnes de la jeunesse dorée arabe avec lesquelles je m’étais lié d’amitié. On sortait souvent le soir dans des cabarets orientaux, c’était l’âge d’or du cabaret parisien. J’ai eu la chance de voir des artistes chanteurs tel que Sabah, Warda, et pu admirer des spectacles de grandes danseuses tel que Nagwa Fouad. Lors de mes passages à Londres, j’ai également pu admirer sur scène de grandes stars tel Mona Said dans de prestigieux lieux comme le cabaret Omar Al Khayyam.

J’étais complètement fasciné par ces femmes, qu’il faut bien le reconnaître, étaient de véritables séductrices, des sex symbols ; un côté star system qui m’a toujours fasciné (dit-il avec un grand sourire!)! Je me suis donc initié à la danse orientale.

Justement qui sont les professeurs du Maître Mayodi ?
Ce sont surtout 2 rencontres qui ont été cruciales, notamment celle d’un chorégraphe égyptien, Zaza Hassan qui venait d’arriver à Paris. Pour la première fois, j’ai pu associer l’image d’un homme à la danse orientale. Avant pour moi, cela ne pouvait pas exister, ma conception de la danse était que seules les femmes pouvaient danser oriental. Là, j’avais vu un vrai danseur, avec un physique d’homme et une gestuelle très masculine, enseigner à des femmes. J’ai réalisé qu’en réalité, tout n’est que travail d’énergie : un même mouvement aura une sensibilité et une énergie différente selon qu’il soit dansé par un homme ou par une femme. On le voit bien dans d’autres disciplines tel que le flamenco ou le ballet classique.

Il était important pour moi de dissocier l’image d’un danseur oriental avec celle d’un homme efféminé.

Comment ta carrière de 28 ans maintenant a commencé ?
« Un soir on m’a invité à danser dans une soirée. Je suis allée vite voir une couturière indienne qui avait une petite échoppe de tissu à Paris pour me faire faire un seroual et un gilet à la Sindibad. Je m’étais inspiré des costumes des ballets russes du début du siècle. Quand j’ai fini de danser, les gens m’ont regardé avec des yeux ronds. On n’imaginait pas qu’un homme puisse danser comme ça, surtout à ce moment. On m’avait payé 500 Francs pour 10 minutes de show, ce qui était énorme à l’époque. Si je devenais professeur d’histoire, il m’aurait fallu 3 jours de travail, 8h par jour pour gagner cette somme!

On m’a invité de nouveau et de fil en aiguille les choses se sont instaurées. Pour acquérir plus de discipline, je me suis inscrit à un cours de flamenco pour une gestuelle élégante, un cours de danse africaine qui me permet aujourd’hui de tenir des vibrations très longues, et un cours de barre au sol pour acquérir le maintien d’un vrai danseur. En parallèle, j’ai poursuivi des études de musique pour comprendre les différents rythmes, la musique orientale étant très riche et variée. En milieu d’année j’ai décidé d’arrêter mes études et je me suis lancé. J’ai vivoté pendant 3/4 ans, je dansais dans des soirées par ci par là, puis j’ai ouvert un cours où je me suis retrouvé du jour au lendemain avec un effectif de 20 à 30 élèves. Par la suite, j’ai créé avec mon ex-femme le premier duo de danse orientale en France. »

Au final ces quelques premiers pas de danse ont chamboulé ta vie et t’ont aidé à trouver ta voie. Souvent les femmes disent également que c’est une danse qui les aident à trouver un équilibre..
La danse orientale est une vraie thérapie, d’ailleurs certaines ne me considèrent pas simplement comme leur professeur,  je suis également un peu leur psy. C’est une danse adaptée à toute sorte de corps, du moment qu’on soit en harmonie avec la musique et qu’on soit heureuse d’être une femme. Elle est faite pour toutes les femmes du monde, c’est la raison pour laquelle je considère que c’est la danse la plus répandue.

Quelles sont tes sources d’inspiration?
Bien sur les grand classiques, Naima Akef pour sa grande technique, c’était une acrobate, une fille du cirque, la plus égyptienne la plus orientale et baladi, Tahia Carioca, très élégante, Samia Gamal pour son style très aérien.

Pour la génération suivante, Nagwa Fouad qu’on aime ou qu’on n’aime pas, mais qui a eu le mérite de révolutioner la danse orientale en cela qu’elle a starisé la danseuse avec des shows où elle danse avec  50 musiciens derrière.

Puis de la même génération, Fifi Abdou et Azza Sherif, Mona Said à son âge d’or. Cette génération faisait beaucoup moins de technique mais toute l’arabité est là, elles sont magiques!

Aujourd’hui Dina, elle est l’émotion, puis l’étoile montante : Camélia, elle fait l’amour avec la musique! Elle n’a aucun complexe, ce qui est important dans cette danse.

As-tu essayé de réinterpréter la danse orientale à ta manière?
Je n’ai pas eu envie de créer un style ou de m’éparpiller. Beaucoup de danseurs essaient aujourd’hui de donner à cette danse « ses lettres de noblesse », je pense que la danse orientale est noble d’elle même, c’est une discipline qui est très pratiquée dans le monde bien qu’on n’ait pas de fédération.

 

Tu parles de noblesse .. mais beaucoup considèrent cette danse vulgaire.
La danse orientale n’est pas vulgaire, la vulgarité tient de la personne. C’est probablement parce que le costume de la danse orientale est dénudé qu’elle peut amener à voir une image vulgaire de la femme. En Europe, une danseuse classique a les bras et la jambe qu’elle lève très très haut dénudés, mais à aucun moment on ne veut l’associer à quelque chose de vulgaire.

Oui mais la danse orientale est tout de même une danse de séduction, ce qui n’est pas forcément le cas pour la danse classique.
C’est une danse de séduction mais la séduction et la sensualité ne sont pas quelque chose de vulgaire.

Qu’est-ce qui fait la différence entre une danseuse et une autre?
L’émotion qu’elle dégage. Il faut apprendre, il faut être patient et passionné, travailler sérieusement sans prendre au sérieux. Une danseuse devient danseuse orientale quand on ne remarque que sa grâce,  sans la technique.

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